Une fois par an, Sare devient la capitale de la production littéraire basque grâce au Biltzar des écrivains. Cette année aussi, le village labourdin a accueilli les écrivains et autres créateurs et locuteurs basques venus de l’ensemble du Pays pour la 43e édition du Biltzar. L’Académie de la langue basque est fidèle au rendez-vous depuis sa création et cette année aussi elle y a exposé ses dernières parutions et autres ouvrages plus anciens sur son stand ; Elle a mis en avant deux nouveaux ouvrages à l’occasion des présentations publiques, ouvrages publiés avec le soutien de ‘lOffice public de la langue basque.
C’est d’abord l'académicien basque Battittu Coyos qui a présenté au public le recueil de poèmes de Junes Casenave-Harigile intitulé Olerki bildüma. Originaire de Soule, il a déjà publié plusieurs écrits de Casenave-Harigile,et ce dernier est étroitement lié à la poésie. Le livre contient deux recueils : le premier comprend 138 poèmes abordant une grande variété de sujets (la nature, les animaux, le temps qui passe et les événements, les gens, les vicissitudes de la vie, les sentiments…) ; le second contient quatorze poèmes à thématique religieuse. « Casenave-Harigile aimait la poésie simple et accessible ; il n’appréciait pas la poésie obscure ou incompréhensible. (…) Il est surprenant que le prêtre écrivain ne figure pas dans les anthologies de poètes du Pays basque ; il convient désormais de rectifier cette lacune, car nous savons maintenant que Junes Casenave-Harigile était lui aussi poète. »
Ces dernières années, Euskaltzaindia a déjà publié Zortzi pastoral berri de Junes Casenave-Harigile, en deux volumes. Dans lesquels Battittu Coyos a rassemblé quatre pastorales écrites par le prêtre Souletin (Agosti Etxekopar, Atarratze, Barkoxe et Dabid), et quatre autres pastorales ont été imprimées l'année dernière : Judit, Larraine, Lüküze Xarles Laugerrena et San Frantzisko Xabier.
C’est ensuite l’académicien titulaire Jon Casenave qui a présenté son dernier essai au public de Sare intitulé Euskal klasikoen bila. Autore zaharrak zertarako ditugu? Dans cet ouvrage, l'académicien basque aborde plusieurs sujets, notamment la formation du corpus des classiques basques, l'établissement du canon littéraire basque depuis le milieu du XXe siècle, mais aussi les contributions de Jon Etxaide, Koldo Mitxelena, Ibon Sarasola et Joan Mari Torrealdai, et nos relations actuelles avec les auteurs anciens… « J'évoque les auteurs classiques basques, mais avec un regard moderne, dans une perspective contemporaine… Je souhaitais montrer, à travers une étude historique, comment ces classiques, que nous avons conservés en mémoire, ont émergé au sein de la culture basque et comment ils s'y sont imposés », a déclaré l'académicien lors de l'événement d'aujourd'hui. Il a rajouté que « dans les cultures voisines, les livres classiques sont très respectés,. On les étudie à l'école, à l'université, et ils sont souvent réédités. Autrement dit, ils font partie intégrante de la culture commune. Malheureusement, ce n'est pas le cas dans notre pays. Ces vingt dernières années, les auteurs anciens ont peu à peu disparu, ce qui constitue une grande perte, car ils sont les témoins de notre culture passée et nous révèlent ce qu'était la littérature basque autrefois. » « Dans mon livre, je montre comment les classiques ont émergé dans notre culture, afin de déterminer le type de relation que nous entretenons avec ces auteurs. (…) C'est pourquoi il est nécessaire de réorganiser une bibliothèque de classiques basques, une nouvelle collection adaptée aux lecteurs d'aujourd'hui, qui profitera à tous », a souligné l'auteur.





